LE ROYAUME DE DIEU EST PARVENU JUSQU’À VOUS
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Matthieu 12.22-29

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

 

En accomplissant son ministère terrestre, Jésus a dû faire face à des adversaires hostiles à son enseignement. Cette opposition atteignit son point culminant en Matthieu 12.14 lorsque les chefs religieux ont pris la décision de le faire mourir. Dès lors, ils le suivirent de près, lui tendant même des pièges, dans l’espoir d’avoir quelque chose qui puisse leur servir de prétexte pour l’accuser et le mettre à mort. En Matthieu 12.22-29, Jésus est accusé d’avoir fait un miracle avec l’aide de Satan. Lisons ce passage.

 

Matthieu 12.22. Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.

23 Toute la foule étonnée disait: N’est-ce point là le Fils de David?

24 Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent: Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.

25 Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister.

26 Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il?

27 Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.

28 Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.

29 Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.

 

L’ennemi

 

Toute la discussion qui se déroule ici a pour objet Satan, l’ennemi de Jésus et des hommes. Le mot ‘Satan’ est tout simplement une translittération d’un mot hébreu qui signifie ‘ennemi’ ou ‘adversaire’. Dans le langage grec, Satan est appelé diabolos, ce qui est traduit en français par le mot ‘diable’.

 

Satan existe réellement et l’ignorer serait une grave erreur. Chef du royaume des ténèbres, il possède le pouvoir d’infliger aux hommes autant des épreuves matérielles que spirituelles. Son activité est incessante et sa force redoutable. Sans la puissance du sang du Christ, aucun homme ne pourrait résister victorieusement au diable. Nous devons donc respecter son intelligence et nous méfier constamment de ses tactiques. Pour le chrétien, Satan est un ennemi vaincu. Christ, qui habite en vous, l’a défait publiquement à la croix. Mais en attendant le jugement final, Satan est encore capable d’entraver l’œuvre de Dieu.

 

Dans tout conflit, il y a au moins deux choses que vous devez bien savoir. Vous devez connaître votre ennemi et vous devez vous connaître vous-mêmes. Dit de manière plus spécifique, vous devez être en mesure de juger correctement la force de votre ennemi et en même temps, vous devez reconnaître vos propres faiblesses. En maîtrisant ces deux aspects, vous serez en mesure d’anticiper les attaques de l’adversaire et être ainsi mieux préparés pour faire face au combat.

 

Satan et ses démons peuvent accabler les hommes de plusieurs façons. Ils peuvent par exemple susciter des possessions démoniaques. C’est le cas de l’individu dont il est question au v. 22. On nous informe que cet homme, aveugle et muet, était sous l’emprise d’un démon. Les démons sont des esprits malfaisants capables d’entrer dans le corps d’un homme ou d’un animal et de provoquer certaines maladies. Il est clair dans ce passage que les problèmes physiques affectant cet homme sont dus à la présence d’un tel esprit.

 

La parole de Dieu, bien sûr, n’impute pas aux démons toutes les maladies physiques. On retrouve plusieurs personnes dans la Bible dont la maladie avait une cause purement organique, i.e. qu’elle pouvait s’expliquer de façon naturelle. En Jean 9, il est question d’un autre homme aveugle. Mais dans ce cas-ci, la cécité n’était nullement liée à la présence d’un démon. Cette personne était tout simplement née avec une anomalie physique qui l’a rendue aveugle. De la même façon, l’infirme qui attendait autour de la piscine depuis très longtemps dans l’espoir d’être guéri (Jean 5) n’est pas dépeint comme un homme possédant un démon régnant sur lui. Là encore, les mauvais esprits n’ont rien à voir avec la maladie. S’il est vrai que certains troubles physiques peuvent être attribués à l’activité d’un ou de plusieurs démons, la plupart des maladies ont pour cause des phénomènes naturels.

 

Ici en Matthieu 12.22, le lien de causalité entre la possession démoniaque et la maladie ne laisse planer aucun doute. Ainsi, après que Jésus eut chassé le démon, l’homme pouvait de nouveau parler et voir. Ce miracle créa tout un remous parmi la foule qui commença à se questionner sur la véritable identité de Jésus. Les gens se demandaient s’il pouvait bien être le fils de David. L’expression ‘fils de David’ est un titre royal dont l’origine se trouve dans une prophétie. Le prophète Nathan annonça au roi David qu’un Roi descendant de David allait pourvoir au salut d’Israël et établir un royaume qui n’aura pas de fin (2Samuel 7). Cette vision constitue le fondement de l’espérance messianique. Depuis ce temps, Israël vit dans l’attente de ce Roi descendant de David, i.e. du Fils éternel de David.

 

Par la puissance de Satan?

 

Les gens qui ont vu Jésus guérir le démoniaque se dirent avec une certaine excitation, ‘Cet homme, ne serait-il pas le Fils de David? Est-il possible qu’il soit le Messie, le Roi promis de la maison de David qui va venir sauver Israël?’ Cette espérance était néanmoins semée de doutes car Jésus ne correspondait pas exactement à la description du sauveur qu’ils avaient en tête. Jésus ne semblait montrer aucun intérêt pour les affaires politiques de la nation. S’il était réellement le Roi Messie promis, pourquoi ne l’a-t-on jamais vu mobiliser une armée et tenter une insurrection contre le gouvernement de Rome? Ils étaient troublés par son discours qui proclamait un salut personnel plutôt qu’une libération nationale. Celui–là n’est–il pas le Fils de David? Cette question laisse la porte ouverte autant à une réponse positive que négative. Ils voulaient vraiment y croire, mais ils se butaient à trop d’éléments discordants pour qu’ils en aient l’assurance.

 

Les Pharisiens, quant à eux, ne voyaient pas de problème. Ils avaient la certitude que Jésus ne pouvaient pas être le Fils de David. Dit avec plus d’exactitude, ils refusèrent de croire que Jésus puisse être le Messie. Il y aura toujours des gens qui s’entêtent à maintenir leurs opinions même si les faits montrent clairement le contraire. Dans ce cas-ci, les Pharisiens ne pouvaient pas contester le miracle qui venait de se produire. L’homme était aveugle et muet. Et maintenant, grâce à l’intervention de Jésus, il peut ouvrir sa bouche pour parler et ses yeux pour voir. Comment cette miraculeuse guérison peut-elle s’expliquer? Les Pharisiens n’ont eu aucune difficulté à fournir leur propre réponse : Jésus a chassé le mauvais esprit de cet homme par la puissance de Béelzébul. En d’autres mots, ils affirmaient que la guérison et l’exorcisme accomplis par Jésus étaient dus à une aide du prince des démons, Satan. Leur réaction se comprend aisément. Si un homme refuse d’accepter qu’un phénomène surnaturel puisse être une manifestation du pouvoir de Dieu, alors sa seule alternative est de l’attribuer au diable. En accusant Jésus d’avoir eu recours à la puissance de Satan, les autorités ecclésiastiques salissaient sa renommée et se donnaient une justification pour ne pas avoir à confesser Christ publiquement.

 

L’explication des Pharisiens était fausse, pour ne pas dire trompeuse, mais on doit convenir qu’elle soulève une vérité. Je m’explique. L’aptitude à pratiquer l’exorcisme ou à accomplir des miracles n’est pas toujours d’origine divine. Elle peut certainement provenir du diable. Satan peut guérir miraculeusement. Mais dans son cas, la guérison a pour but de détourner l’attention des gens de la personne du Christ. Le Seigneur Jésus enseigne en Matthieu 24.24 que le diable peut opérer de grands signes et des prodiges afin d’égarer, si possible, même les élus de Dieu. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Il nous faut donc être vigilants et ne pas penser que tous ceux qui font des miracles le font nécessairement par la puissance de Dieu. Un miracle, même s’il semble bénéfique, peut avoir une origine satanique.

 

Jésus, bien sûr, est le Messie et toutes ses actions sont exécutées par la puissance de l’Esprit de Dieu. Connaissant les motifs pervers des Pharisiens, le Seigneur entreprit de démontrer leur folie. Il confond leur accusation par une illustration. Il leur dit, ‘Tout royaume en proie aux divisions finit par tomber. Ne savez-vous pas cela? S’il est vrai que je chasse les démons par Béelzébul, cela signifierait que les démons sont jetés dehors par Satan. Pourquoi Satan chercherait-il à se détruire en combattant ses propres serviteurs? C’est tout à fait absurde! Aucun royaume ne peut subsister longtemps sous de telles conditions.’

 

‘Pensez-vous vraiment que Satan lutterait contre lui-même?’ C’est la question que Jésus pose indirectement à ses accusateurs. Est-ce que Satan chasserait ses propres alliés? La réponse est évidente : Bien sûr que non! Satan a tout à perdre en se tournant contre ses démons. Si Satan commettait une telle folie, cela signifierait qu’il y a une guerre civile dans le royaume des ténèbres. Et toute guerre civile, même parmi les esprits du mal, mène au chaos et au dépeuplement du territoire. Aucun roi n’a intérêt à chasser ses soldats en dehors de son royaume. De même, Satan ne gagne absolument rien à se débarrasser de ses serviteurs. Comment peut-il assurer l’existence de son royaume s’il affaiblit ses propres forces? La conclusion de tout cela est fort simple. La puissance qu’exerça Jésus en guérissant le démoniaque ne peut pas provenir de Béelzébul parce que le prince des démons ne chasse pas ses propres serviteurs.

 

Une accusation qui ne se tient pas

 

Ayant souligné leur manque de logique, le Seigneur Jésus se sert ensuite de cet argument pour montrer au v. 27 que leur accusation entraînerait inévitablement des problèmes chez leurs amis exorcistes. Jésus leur pose ainsi cette question : ‘Si j’exorcise par la puissance de Satan, qu’en est-il alors de vos fils qui s’adonnent à l’exorcisme?’ Cette question laisse supposer que les exorcistes juifs avaient un pouvoir réel de chasser les démons et que leur activité était tout à fait légitime aux yeux des Pharisiens. Les Pharisiens n’auraient jamais accepté un blâme qui accuserait leurs fils d’exorciser par Béelzébul.

 

Durant le premier siècle de notre ère, il était commun de voir des gens dont le métier était de chasser les démons déambuler les rues de la Palestine. C’était même devenu une entreprise assez lucrative. L’historien Josèphe rapporte dans ses écrits que certains Juifs offraient ce service moyennant un montant d’argent. En Actes 19.13, nous lisons que des exorcistes Juifs ambulants utilisaient le nom du Seigneur Jésus comme une formule magique pour faire sortir les esprits malins des possédés.

 

Jésus ne renie pas que certains individus dans la société juive détiennent le pouvoir de chasser les démons. Et c’est en référence à ces exorcistes que Jésus demande de qui ceux-ci ont le pouvoir d’exorciser. ‘S’il est vrai que j’utilise la puissance de Satan pour chasser les démons,’ dit-il aux Pharisiens, ‘alors vos fils (i.e. ces exorcistes) doivent également le faire avec l’aide de Satan. Car si le pouvoir de chasser les démons est satanique, alors quiconque l’exerce est de connivence avec la source de ce pouvoir.’ Ce que les Pharisiens disent de Jésus doit par nécessité s’appliquer à tous ceux qui font la même chose. S’ils croient que Jésus a recours au pouvoir de Satan, ils devront conséquemment conclure que les exorcistes juifs sont des agents de Satan aussi. Une logique aussi rigoureuse est difficile à réfuter.

 

Vous savez, il ne faudrait pas penser que le chrétien n’a pas le droit de faire appel à la raison quand il discute de choses spirituelles. Il est vrai que l’homme de la chair utilise la raison à sa façon pour comprendre et agir. Par contre, celui qui a été racheté par Dieu ne pense plus de manière purement humaine car Dieu a aussi assuré la rédemption de sa pensée. Quand il réfléchit, il le fait selon l’Esprit et cela n’exclu pas l’usage du raisonnement logique. On peut et on doit raisonner ‘spirituellement’ lorsque c’est approprié.

 

Donc la réplique de Jésus ne laisse personne dans le doute. L’accusation des Pharisiens portée contre Jésus est illogique et inconsistante. Ils ne peuvent pas mettre Jésus au banc des accusés sans reconnaître aussi que les exorcistes juifs puissent accomplir leur métier par le prince des démons. La partialité si évidente des Pharisiens les mettait déjà dans le tort.

 

L’arrivée du royaume de Dieu

 

Après avoir repoussé la fausse accusation des Pharisiens, le Seigneur Jésus tire une conclusion des arguments qu’il vient de présenter. Mais si c’est par l’Esprit de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. Vous voyez que ce verset introduit une conclusion par les mots ‘c’est donc que.’ Si Satan ne s’attaque pas aux serviteurs de son propre royaume et si la source du pouvoir des exorcistes juifs n’est pas satanique, alors il n’y a aucune raison de penser que Jésus ait agi en s’appuyant sur les forces de Satan. Or si l’action de Jésus ne relève pas de Satan, il faut alors qu’elle provienne de l’Esprit de Dieu. Il n’y a pas d’autres possibilités. C’est l’une ou l’autre. Et s’il chasse les démons par la puissance de Dieu, cela signifie que le règne de Dieu est déjà arrivé en Israël. Jésus déclare ainsi qu’il est le Messie attendu, le Fils de David, et qu’en accomplissant ce miracle, le pouvoir de Dieu s’est manifesté en lui. Le royaume de Dieu a déjà fait son apparition et le Roi Messie marche maintenant au milieu d’eux.

 

‘Si le pouvoir de Dieu est en moi, alors il est démontré que Dieu a commencé à étendre son royaume jusqu’à vous. Là où la puissance de Dieu est manifeste, c’est là que vous trouverez le royaume de Dieu.’ L’apôtre Paul le décrit d’ailleurs en terme de ‘puissance’ en 1Corinthiens 4.20. Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Il s’agit d’une puissance qui révèle au monde la royauté de Dieu et Jésus affirme que la présence du royaume de Dieu est déjà réalisée. Il est présent au milieu des hommes ici et maintenant.

 

Sous quelle forme le royaume de Dieu se présente-t-il sur la terre? Deux réalités se chevauchent dans l’enseignement de Jésus : Il y a une réalité actuelle et une réalité future. Dans le premier cas, le royaume est ‘invisible’ alors que dans le second cas, le royaume est ‘visible’.

 

Dans sa phase initiale, le royaume est invisible car il est exprimé dans le ministère de l’Esprit Saint en l’absence du Roi, i.e. sans la présence physique de Christ sur terre. Jésus nous dit que ce royaume invisible a déjà commencé. Les guérisons et les exorcismes constituent des signes tangibles de sa présence. Il est possible dès maintenant d’y entrer par la foi et la repentance. Donc, même en l’absence du divin roi, le règne souverain de Dieu se réalise chez ceux dont la vie obéit aux règles fixées par Dieu.

 

Cependant la réalité ultime du royaume de Dieu n’est pas encore pour cet âge. Nous n’y entrerons que dans l’avenir. Toutes les promesses de l’AT seront accomplies lorsque Jésus reviendra sur la terre pour instaurer en personne son règne. Nous assisterons alors à l’établissement d’un royaume glorieux et visible. À ce moment, l’histoire de l’humanité prendra fin et la prière ‘Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel’ sera entièrement exaucée.

 

Christ a vaincu le diable

 

Au v. 29, le Seigneur Jésus consolide la déclaration dans laquelle il démontre qu’il ne peut pas être de connivence avec Satan. Il raconte alors l’histoire d’un homme fort et dit que cet homme doit être attaché avant de pouvoir le dépouiller de ses affaires. L’homme fort désigne Satan, un homme qui surveille étroitement ses avoirs. Bien qu’il soit doué d’une grande force, il est vaincu par quelqu’un de plus fort. Jésus, plus fort que Satan, pénètre dans sa maison, le ligote et s’empare de ses biens. Ces ‘biens’ représentent vraisemblablement ceux sur qui Satan exerce son pouvoir. Donc Jésus entre dans l’empire diabolique de la mort, entrave l’activité du prince des démons et en libère les prisonniers. Cette illustration nous rappelle les paroles de Jésus en Actes 26.18 où il dit à Paul, ‘Je t’envoie vers les païens afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu.

 

Prenez note que Jésus présente Satan comme une personnalité réelle et non pas comme une quelconque entité matérielle. Le mal n’a pas d’existence en soi. Pour que le mal puisse exister, il faut qu’il y ait un instigateur. C’est pourquoi on ne peut pas discuter du mal sans pointer à la fois l’auteur du mal. Il en est de même du bien. Le bien et le mal ne peuvent pas exister indépendamment de la personne qui fait le bien ou le mal.

 

C’est sous cet angle qu’on peut comprendre Matthieu 19.17 où il est écrit qu’il n’y a de bon que Dieu seul. La bonté doit son existence à Dieu. Celui-ci est l’auteur du bien. Sans la personne de Dieu, le bien n’a rien qui lui permette d’exister.

 

De la même façon, la Bible présente Satan comme étant l’incarnation du mal, le principal opposant au royaume de Dieu. Le domaine du mal est sa maison. Il y règne en exerçant son emprise maléfique sur l’âme des être humains. La seule façon d’arracher les hommes au pouvoir des ténèbres est d’attacher Satan. Mais il y a un problème:  aucun homme ne peut espérer avoir le dessus sur Satan car ce dernier est plus fort que n’importe quel être humain. Sommes-nous alors devant une impasse? Non! Cette illustration suscite de l’espoir en nous révélant que Jésus a déjà lié et vaincu Satan. C’est ce que Paul nous confirme en Colossiens 1.13 : Dieu nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour.

 

À quel moment Jésus est-il entré dans la maison de Satan pour le ligoter? On peut dire que cela s’est produit par étapes. Satan a été lié dans une certaine mesure lors de la tentation du Christ dans le désert. Pour la première fois, Satan fut confronté à une personne qui lui a tenu tête sans faire de compromis. Impuissant devant Jésus, le diable s’est rendu compte qu’il faisait face à un adversaire plus fort que lui.

 

Le Seigneur Jésus, au travers des tentations qu’il surmonta durant tout son ministère, lia progressivement Satan. À chaque victoire, Jésus imposa sa domination sur les forces du mal. Le temps de Satan est maintenant compté.

 

La tension était forte au jardin de Gethsémané où Jésus, écrasé par le poids de la malédiction, demanda au Père s’il existait un autre moyen de sauver les pécheurs sans qu’il aille à la croix. Les mains du diable furent liées dramatiquement quand Jésus montra qu’il ne désirait rien faire qui puisse contrarier la volonté de Dieu.

 

Satan a été officiellement lié au moment de la crucifixion du Christ. Jésus était le sacrifice parfait, le seul qui puisse être offert pour justifier les pécheurs coupables. Et c’est à la croix que Jésus a publiquement triomphé du malin et a brisé sa puissance. Colossiens 2.15 le décrit en ces termes. Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix. La mort et la résurrection du Christ ont été une victoire décisive pour les prisonniers du domaine de Satan.

 

Et finalement, Satan sera lié de façon définitive et éternelle lorsqu’il sera jeté dans l’étang de feu (Apocalypse 20.10). Alors une ère nouvelle débutera, un nouveau monde où la présence du diable sera complètement exclue.

 

Mise en garde

 

Cependant, la Bible nous avise d’être continuellement en garde contre les ruses du diable. Même s’il a été jugé et lié par Jésus au calvaire, cela ne signifie pas qu’il n’est plus à craindre. Il exerce encore aujourd’hui un pouvoir maléfique considérable. Dieu lui permet toujours de tendre des pièges à ceux qui ne veillent pas, de se déguiser en ange de lumière, de harceler les croyants et de miner le ministère de l’église.

 

En fait, par cette illustration d’une maison divisée, on doit supposer que le diable a pour objectif d’entraîner l’humanité à sa perte. La parabole le décrit comme un être dangereux dont l’activité est incessante sur la terre. Rappelez-vous qu’il est un ‘homme fort.’ Luc 11.21 ajoute qu’il est très ‘bien armé,’ capable de meurtrir gravement les croyants. L’apôtre Pierre le compare à un lion rugissant qui parcourt le monde, ‘cherchant quelqu’un à dévorer.’ Le mot grec pour ‘dévorer’ est traduit par le verbe ‘engloutir’ en Hébreux 11.29. Ce verset raconte comment les armées du pharaon furent englouties par la mer Rouge quand les eaux reprirent leur place habituelle après le passage du peuple hébreu. Les mots ‘dévorer’ et ‘engloutir’ brossent ainsi un tableau très frappant du pouvoir destructeur que Satan peut infliger aux êtres humains.

 

Le chrétien est appelé à résister fermement au diable (Jacques 4.7). En s’appuyant sur la grâce et la puissance de Dieu, il doit fermer son cœur aux tentations. Alors Satan s’enfuira loin de lui. Le disciple doit savoir qu’il n’a rien à craindre car il a en lui Christ, celui qui a déjà vaincu Satan à la croix. La victoire est déjà acquise.

 

Résumé

Faisons une brève récapitulation de cette leçon. Les miracles de Jésus n’ont jamais pour objectif de divertir les gens. Celui décrit en Matthieu 12.22-29 où Jésus chasse les démons force son auditoire à se prononcer sur l’identité réelle de Jésus et sur la source de son pouvoir. Il n’y a que deux possibilités : elle est soit satanique ou divine. Jésus élimine la première hypothèse par le raisonnement suivant. Si nous avançons que Jésus exorcise par la puissance de Satan, alors il faudrait conclure que Satan lutte contre lui-même – une affirmation impossible à soutenir. En outre, cette même affirmation laisserait supposer que les exorcistes juifs exercent leur pouvoir avec l’aide de Satan. Il est certain qu’aucun Pharisien n’accepterait l’idée qu’un seul de leurs amis exorcistes soit un complice de Satan. Si la première hypothèse est erronée, alors on se retrouve dans une situation où il faut accepter la deuxième hypothèse : Jésus chasse les démons par la puissance de l’Esprit de Dieu. Or si le pouvoir de Dieu est manifesté en lui, nous avons la preuve indéniable que le royaume de Dieu est maintenant arrivé.

Le Seigneur Jésus voudrait que tous aient l’occasion d’entendre la proclamation du royaume. Pour le recevoir, chacun a une décision personnelle à prendre. Il n’est pas dans sa volonté de l’établir de façon autoritaire. Dans notre prochaine leçon, nous verrons qu’il n’est pas possible d’être au courant de la venue du royaume et de rester neutre dans ce combat qui nous oppose à Satan. Tôt ou tard, nous devrons choisir entre deux options : être avec Christ ou être contre lui. En étant contre lui, le Seigneur nous considère comme étant des amis de Satan.